Rencontre avec Kissize
chanteur/auteur/compositeur
Kissize se présente à nous… Nous restons sans voix… Lui aussi ( !).
Corps d’athlète, voix suave et chaude, il s’assoit et nous regarde avec le regard rieur, mais une gaucherie apparente dévoile là une certaine timidité.
Bonjour Kissize, quel étrange nom de scène…
Euh… oui, vous trouvez ? (dit-il en riant).
Pouvez-vous nous en donner l’interprétation ?
Oui bien sûr ! « Kiss » pour baiser/bisou, « size » pour la taille des baisers. On peut le traduire aussi par un ou de gros bisous si vous voulez…
Un personnage costaud, bien bâti comme vous qui parle de bisous… 
(Kissize remue sur sa chaise, souris malicieux, à la fois gêné). Ben oui, je suis un sentimental… Mais c’est surtout que les baisers que je donne sont aussi grands que mon cœur… Mais VRAIMENT ! (insiste-t-il).
Vous êtes un être généreux ?
Oui, et c’est tout à fait ma nature. C’est la raison pour laquelle je fais de la musique ; chanter, monter sur scène… JE DONNE tout ce que je peux aux autres. C’est ainsi que j’existe. Le partage, vous comprenez ? C’est le meilleur mode de communication que je connaisse, UNIVERSEL. J’adoooore…
Vous avez toujours chanté ?
Oui. Certains diront qu’ils ont commencé à chanter sous la douche, moi tout gosse, je m’égosillais dans ma chambre en oubliant que les murs étaient comme du papier à cigarettes. Mes premiers fans ont été mes voisins (dit-il en éclatant de rire). J’adorais ça, je faisais jaillir ma voix sans aucune retenue, comme envahi par le démon de la musique qui me mettait en véritable transe. Et croyez- moi, je lâchais carrément les chevaux !
Les voisins devaient être contents !
Quelle patience ont-ils eue avec moi si vous saviez…
En fait, cela vous défoulait…
Oui, je possède une énergie positive incroyable. C’est pourquoi, j’ai toujours fait énormément de sport, il fallait bien que je trouve une issue…
Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes intéressé de plus près à la musique ?
Oh, pour cela il faut que je vous raconte un peu d’où je viens…
Oui,racontez-nous…
Je suis issu d’un milieu modeste où j’ai grandi dans un quartier pas facile, à la frontière de ce type de quartiers livrés à eux-mêmes. Très peu sérieux dans les études, en pleine crise d’ado, j’avais tendance à être attiré par ces milieux. Vous savez,le côté un peu rebelle, pour se sentir exister, libre…
Oui…
L’après-midi, je faisais l’école buissonnière (ce dont je ne suis pas forcément fier aujourd’hui), et mon seul plaisir était d’aller m’éclater sur les terrains de baskets avec mes potes, où je dépensais toute cette énergie, et tout ceci, toujours en chantant, hurlant, dansant ! Je passais mon temps à chanter, où que je sois.
Et puis le soir tombant, je me dirigeais vers ces quartiers obscurs, où finalement tout a commencé pour moi.
Vous étiez un peu livré à vous-même là ?
Absolument ! Et de toute façon, je n’en faisais qu’à ma tête et ne tenais pas en place. Le soir je fréquentais ces milieux un peu en marge de la Société. Et c’est là que j’ai découvert de nouveaux sons, comme le rap dans lequel je me suis plongé immédiatement. Le rap cette musique de quartiers, revendicatrice avec des lyrix forts et dans d’autres mesures, hard core. Le rap du Ghetto d’ou vient son
origine était pour moi le dessus de l’iceberg, car au fond de moi, je cherchais plus à chanter. Utiliser la mélodie, les harmonies, pour faire jaillir cette douceur interne. Or, il en était hors de question avec les personnes que je fréquentais là. Ça aurait été « la honte » (dit-il en riant de bon cœur).

Mais ça vous plaisait quand même ?
Oui absolument, c’était mon univers… Et c’est grâce à cet univers, cet entourage que j’ai commencé à monter sur scène, et a rapper devant un public. Moi qui étais totalement tétanisé sur scène, ça a été dur !
Le trac,la timidité ?
Carrément ! Je bafouillais hésitant sur scène, pestant, transpirant. C’était rageant ! En back stage, dur dur… Je me sentais pris dans le piège de ma timidité, de mes tourments d’ado, et le fait d’être exposé était une angoisse véritable pour moi. Vous savez ça réveillait ma timidité, comme le fait de bafouiller devant une fille qui me plaisait… C’était le même sentiment : la trouille !
Mais vous avez su dépasser cela…
Heu oui oui, car si vous saviez le bonheur que j’ai pu découvrir au fur et à mesure… tous ces moments indomptables, impalpables et juste formidables d’être devant un public,de donner, de partager, et de recevoir tant à la fois… J’ai découvert EXISTER sur scène. J’ai dépassé mon manque de confiance en moi ; pas totalement mais juste ce qu’il faut comme tout artiste. La musique est devenue mon « outil de partage ».

Vous avez trouvé votre voie (voix ) ?
En fait non, pas tout à fait. Vous savez, j’ai toujours été intéressé par tout type de musique. Je me rappelle des cassettes audio à la maison, de vieux vinyles où j’essayais de scratcher comme les vrais profs de l’époque en écoutant les émissions telles que H.I.P.H.O.P présentée par Mr Syndey animateur de l’époque ainsi que sur radio 7, DJ Dee Nasty le mélangeur de rap et de funk qui m’inspirait aussi… Mais aussi par la variété française, les musiques du monde, les musiques américaines, le disco, la house, le scat, le reggae…
Vous êtes hétéroclite en fait…
Oui, car pour moi, il y avait toujours des petits sons ou quelque chose dans une mélodie, ou des harmonies, des rythmes, des voix, qui me faisaient vibrer et réveillaient mon attention. Même le rock qui n’est pourtant pas mon style de musique. Je m’imprégnais autant avec le reggae, le ragga muffin, le ragga dub, le ragga jungle, le zouk.. arfff ! Ce sont des moments uniques qui vous font passer
par toutes les émotions…
Que s’est-il passé ensuite ?
Le temps a fait que j’ai mûri… J’ai changé mon cercle social également. A 18-19 ans, après avoir fait du son où je m’éclatais le larynx à kiffé la zik ( !), j’ai repris mes études et le sport. Car je n’imaginais pas à l’époque pouvoir un seul instant gagner ma vie avec la musique. Je me suis dit : « Va finir tes études et va gagner de l’argent, et surtout honnêtement! ». J’ai alors fait un tas de petits boulots, c’était dur… Mais un jour, le must du must, je suis devenu coach sportif diplômé grâce à un tuteur pas comme les autres THE Thierry PASTEL, grand champion et connaisseur du sport et de la musculation.
Vous êtes revenu à vos premiers amours alors ?
Oui, et je suis convaincu que ça m’a sauvé la vie, m’a permis de me retrouver, tout à la fois de me recadrer. Le sport c’est bon pour la tête et le corps. Et ça transforme l’énergie négative en de l’énergie positive.
Et la musique alors ?
J’ai participé à des ateliers d’écriture ce qui m’a permis de m’y remettre. Puis un jour, à force d’écrire, je me suis remis devant un micro, histoire de renouer avec le son. Et là j’ai découvert, bizarrement, ne plus avoir le même flow. Et que ma voix ne valait plus rien, elle n’était pas mieux que celle d’un chat de gouttière ! (dit-il hilare).
Un atelier d’écriture… Vous écriviez donc des textes ?
Oui oui, mais j’ai toujours écrit vous savez… Depuis tout gosse ! Mais les aléas de la vie m’ont fait lâcher la plume… Et puis, je n’avais plus trop d’inspiration, moins de rime etc… Mais c’est revenu. Grâce au temps et à la croyance en moi qui est réapparue également. Je suis revenu à de nouveaux vers, des choses à dire, à raconter, de manière plus douce. Transmettre des messages en accord avec moi-même, aider les autres au travers de mes textes, sur des styles musicaux divers. Et progressivement, j’ai trouvé ma place et l’univers musical. J’ai mis du temps vous voyez, mais voilà, la maturité, l’expérience, tout ça, ça aide… Et le sport aussi ! (s’exclame-t-il en levant les bras).
A ce jour, où en êtes-vous ?
Avant de vous répondre, je voudrais juste dire que j’ai une pensée pour tous ceux qui ont cru en moi, qui m’ont encouragé à poursuivre la musique. Ils ont eu un rôle très important dans mon parcours, je leur dois beaucoup et leur fais un KISSIZZZZZZE, un gros bisou au passage…
Donc… mon but est de bien entendu vivre de ma passion qu’est la musique. Je suis prêt désormais à m’investir, parce que oui, j’y crois maintenant…
J’ai fait un clip il y a quelques mois en Vendée (Ouest France, 12 mars 2011 – Bande annonce sur You Tube : http://youtu.be/0jPcQNxXsII) sur un titre que j’aime particulièrement, très bien perçu par tous ceux qui le connaissent et les futurs fans à venir, j’espère aussi.
J’ai ouvert un site internet http://www.kissize.com pour faire partager mon actualité et être face a vous(!) Bien entendu, je continue à écrire, pour tous ceux qui sauront se reconnaître au travers de mes textes.
Et ce clip, c’est votre dernier morceau enregistré ?
Oui oui. Il s’appelle « Poum Poum là ». C’est un mélange dans un style caribéen de reggae dance hall et d’autres influences.
Et vous y véhiculez un message particulier ?
Je l’adresse à toute personne qui a du mal à réagir devant certaines difficultés, qu’elle ne voit pas, dont elle n’a pas conscience… qui subit et n’arrive pas à trouver le courage, l’énergie pour s’en sortir. Je parle là d’oppression physique, morale face à un ou une tortionnaire. ce message est aussi pour dire qu’il faut trouver l’issue, même c’est difficile, car il y a toujours une solution, mais surtout une sans détruire ou se détruire il faut ce décidé a partir et enfin parlé a quelqu’un de confiance qui jamais ne vous jugera car quoi qu’il se passe un coup reste un coup c’est à vous d’en juger. Je veux apporter mes encouragements à ces personnes là, leur dire qu’elles ne sont pas seules. En fait il faut juste pouvoir le réaliser, et pour cela, oser tendre la main et demander de l’aide.
Le son BPM (battement par minute)celui qui fait POUM POUM Là ce rythme qu’on a en soi, cette mesure naturelle qui bat dans votre poitrine en tempo inaudible et régulier, sans soubresaut, versatile qui en une seconde peut se mettre à battre très très fort, très rapidement lorsque l’on est amoureux ou qu’on a peur etc… Le message tend à cela : ne pas devenir martyr par amour, ne pas s’oublier, ne pas subir, ne pas souffrir à s’abîmer, mais savoir dire « STOP !». Réagir et savoir se protéger, et enfin partir pour se reconstruire, et devenir plus fort. PEACE !!!!!
Vous dédiez particulièrement cette chanson aux femmes ?
Oui, à ELLES en particulier, à TOUTES, à CELLES qui se perdent par amour, mais également aux hommes qui subissent la même oppression physique et mentale, il ne faut pas les oublier.
Vous êtes décidément un sentimental KISSIZE..
(Il sourit et baisse les yeux) Oui un peu quand même…
Un peu Lover ?
Pas plus qu’un autre… (dit-il avec un sourire doux et communicatif).
© Interview réalisée par Redakane-Web [http://www.redakane-web.com], le 17 juin 2011
http://www.kissize.com/
Bande annonce du clip de Kissize sur You Tube : http://youtu.be/0jPcQNxXsII




Big up KISSIZE !!!!